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Vendredi 12 octobre les élèves de 1ère STMG, de 2nde Arts-Plastiques et 4 élèves volontaires pour le projet « Atelier photo », se sont rendus au château de Cadillac. Après avoir visité une partie du château, les élèves ont découvert l’univers de la photographe portraitiste française, Bettina Rheims grâce à l’exposition « Détenues ».

Le duc d’Epernon fait édifier à Cadillac au XVIIe un des palais les plus somptueux de l’époque. Grandeur et déchéance : mi XVIIIème, son château est démantelé. Puis il est saisi à la Révolution, pillé et en 1818, transformé pour devenir la première maison centrale pour femmes en France. S’ensuit plus de 130 ans d’un sinistre usage carcéral. Dans des conditions de vie d’une extrême dureté, des milliers de femmes sont détenues et effectuent des travaux forcés au château-prison. A partir de 1891, il est affecté à des jeunes filles mineures. L’Ecole de préservation qui les enferme par centaines s’apparente à un bagne d’enfants.

En 2014, Bettina Rheims répond à l’invitation de Robert Badinter de mettre en lumière les détenues, souvent oubliées dans les marges de la société. L’intention est simple : obliger la société à les regarder et, ce faisant, les réintégrer de plein pied dans cette même société.

Ce projet, soutenu par l’administration pénitentiaire, confronte l’univers carcéral avec celui de la création artistique. Bettina Rheims est allée à la rencontre des femmes incarcérées dans quatre centres de détentions (Lyon Corbas, Poitiers-Vivones, Rennes et Roanne) et leur a proposé de faire leur portrait : ne cinquantaine sont exposés au château. L’exposition Détenues sera présente jusqu’au 4 novembre.

Pour finir, vous pouvez lire le compte-rendu de la visite effectué par l'une des élèves ayant participé à la sortie :

Dans la cour du château, nous nous sommes divisés en deux groupes. Mon groupe a participé à un atelier de photographie, que j’ai trouvé pour ma part assez peu instructif. Puis nous nous avons rejoint la cour du château, avant de faire la visite guidée d’une partie des bâtiments et de l’exposition. Nous savons maintenant que ce château d’architecture à la française, a été construit sous Henri IV puis Louis XIII. Il allie faste et caractère militaire et conserve de riches décors, cheminées monumentales, tapisseries, plafonds peints. Notre guide nous a parlé du destin du « presque-roi », cadet de Gascogne, précurseur des mousquetaires, le duc d’Epernon, qui connut une ascension fulgurante à la fin du XVIe siècle, puis les régicides d’Henri III et d’Henri IV.

Du XIXe siècle aux années 1950, ce palais à l’abandon est devenu une prison pour femmes. Ce château a donc vécu deux périodes, il a été une demeure d’apparat et une maison carcérale.

Notre visite s’est poursuivie avec l’exposition « Détenues » de Bettina Rheims, que vous pouvez encore aller découvrir au château de Cadillac jusqu’au 4 novembre.

C’est à la demande de Robert Badinter, connu pour son combat contre la peine de mort, dont il obtient l'abolition en France le 9 octobre 1981 en tant que garde des Sceaux, et sa lutte en faveur de la réinsertion des détenus, que la photographe Bettina Rheims a réalisé en 2014 une série de portraits de femmes incarcérées dans quatre établissements pénitenciers, sous le titre « Détenues ». Ce projet, confronte l’univers carcéral avec celui de la création artistique. De ces rencontres volontaires entre ces femmes détenues et la photographe, sont nés des portraits saisissants qui nous renvoient au regard que nous portons sur la détention.

Mon avis personnel :

Je trouve que les médias n’ont pas assez parlé de cette exposition. En voyant ces photographies, je me suis sentie émue par tous ces regards, où j’ai lu de la mélancolie, de la colère, de la résignation mais aussi une possibilité qui était offerte à ces femmes de retrouver un peu de leur dignité oubliée. Ces portraits douloureux renvoient à la condition d’enfermement. Certes la plupart de ces femmes sont des criminelles, mais la société doit-elle pour autant leur enlever leur part d’humanité en les condamnant à l’enfermement dans des cellules où les conditions d’hygiène ne sont pas toujours respectées ?

Clémentine de Saint-Viance, Seconde D